Journée de la laïcité aux écoles Concorde et Condorcet

À l'occasion de la journée nationale de la laïcité, les élèves des écoles Concorde et Condorcet ont planté un tilleul devant l'école. Un moment en chansons, convivial et émouvant.
 

Journée de la laïcité

Le discours de Monsieur le Maire

Madame, mademoiselle, Monsieur,
Madame la directrice de l’école Condorcet,
Monsieur le directeur de l’école Concorde,
Chères willémoises, chers, willémois,

Célébrée chaque année le 9 décembre, l’éducation nationale de la République Française se remémore la date anniversaire de la loi sur la séparation des Églises et de l’État de 1905.
Aujourd’hui, nous célébrons la journée de la laïcité qui est l'occasion de saluer les initiatives pour la protection et la promotion de la laïcité.

Au regard des événements de janvier et de novembre 2015, des actes infâmes qui ont meurtri notre peuple le soir du 14 juillet dernier à Nice, l'édition 2016 revêt un caractère symbolique encore plus fort à laquelle j’ai souhaité participer.
En son article 1er la Loi du 09 décembre 1905 faisait entrer la République française dans une modernité : désormais elle « assure la liberté de conscience » et « garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l'intérêt de l'ordre public ».

En héritage de cette loi, nous souhaitons nous mettre à l’abri des désordres publics grâce aux principes déclinés telle que la laïcité. Depuis 2013, sentant les risques du désordre resurgir, la République a rédigé puis publié en septembre 2013, LA CHARTE DE LA LAICITE. Celle-ci est affichée dans tous les établissements scolaires, elle explique les sens et enjeux du principe de laïcité à l'école.

Destinée à l'ensemble des membres de la communauté éducative (personnels, élèves et parents), elle a pour vocation d'être le support privilégié d'une pédagogie de la laïcité à l'école concernant  la citoyenneté, l'égalité, la lutte contre les discriminations, le rejet des violences, la liberté d'expression, le respect du pluralisme des convictions ou encore la neutralité des personnels dans l'exercice de leur fonction.

Plutôt que de faire un long discours, je voudrais vous replonger dans le moment historique où ce débat est revenu nous interroger sur les modalités pratiques de la citoyenneté et du respect de chacun malgré les communautés politiques, ethniques ou religieuses.

En 1989, le conseil d’administration d’un Collège de Creil exclut trois élèves qui refusent obstinément de retirer leurs foulards islamiques en classe. A l’époque, tous les représentants des religions s’inquiètent, les catholiques, les protestants, les juifs, les musulmans restent relativement discrets contrairement à d’autres organisations de la société civile telle que SOS Racisme ou le MRAP.

L’affaire passionna et divisa l’opinion. Mais aujourd’hu,i je me souviens d’un appel d’intellectuels (de gauche pour la plupart) tels qu’Alain Finkielkraut, Elisabeth Badinter, ou Régis Debray. Voici ce qu’ils défendaient collectivement dans une lettre ouverte publiée dans le journal Le Monde et voici ce qui me plaît encore:

« Vous dites, Monsieur le Ministre, qu’il est exclu d’exclure. Bien que touchés par votre gentillesse, nous vous répondons…qu’il est permis d’interdire…Négocier comme vous le faites, en annonçant que l’on va céder, cela porte un nom : capituler. Il faut que les élèves aient le loisir d’oublier leur communauté d’origine et de penser à autre chose qu’à ce qu’il sont pour pouvoir penser par eux-mêmes…Le droit à la différence, qui vous est si cher, n’est une liberté que s’il est assorti du droit d’être différent de sa différence. Dans le cas contraire, c’est un piège, voire un esclavage. »

La République n’a que faire des différences qui font la richesse de chacun parce que finalement ils font aussi la richesse de la Nation. Elle ne veut pas annihiler ces différences, cherche-t-elle à les niveler ? Rien n’est moins sûr ! Notre République vise le Bien Commun, la cohésion et la paix entre nous pour mieux nous préserver des périls permanents et notamment des périls extérieurs qui nous menacent toujours.

C’est par nos enfants et paradoxalement pour eux que nous défendons un Etat de Droit qui reste ferme sur ces principes de vie publique pour mieux tolérer les différences intimes de chacunes de nos vies privées.

Mesdames et messieurs, je vous remercie.

Vive la République, Vive la France. 

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